Les trois facettes du Bien-Être au Travail

Comment s’assurer que cette grille de douze déterminants de BET soit bien corrélée au bien-être global du collaborateur ? Afin de valider le fait que ces douze dimensions (et les critères associés) de BET se traduisent bien par un vécu global positif au travail pour le collaborateur, on a choisi d’interroger, en parallèle, celui-ci sur la globalité de son BET résultant. Dit autrement, les 12 dimensions identifiées apparaissent comme les briques qui permettent de bâtir le BET. Toutefois, elles ne décrivent probablement pas la globalité ni toutes les facettes du bien-être résultant.


Pour comprendre ce point, il est nécessaire de se référer à la science du bien-être et sa manière de décrire l’épanouissement humain. Elle le décompose en trois facettes, une grille d’analyse qui peut être utilisée pour le bien-être au travail :

 

Le bien-être hédonique ou émotionnel : bilan affectif positif, c’est à dire prépondérance des affects positifs (ex. : joie, plaisir, moral) sur les affects négatifs (ex. : colère, stress) ; cette forme de bien-être se rapproche de l’humeur au travail : il s’agit d’apprécier les émotions vécues au travail. On se situe au plus près du corps et de la physiologie. Certains l’appellent bien-être psychologique. Cette facette du bien-être est interrogée via des questions telles que « avez-vous du plaisir à aller travailler ? », « ressentez-vous de la colère au travail ? », « avez-vous éprouvé de la joie ces derniers jours dans votre travail ? »

 

Le bien-être évaluatif ou cognitif : état de satisfaction par rapport à des objectifs établis. Pour apprécier cet aspect, l’individu effectue une comparaison mentale entre ses attentes quant à son travail, et ses atteintes, puis en effectue une synthèse. Il s’agit d’une évaluation cognitive. On se situe au plus près du mental de l’individu. Cette facette est interrogée via des questions telles que « toutes choses prises en compte, êtes-vous satisfait de votre travail ? », « recommanderiez-vous votre travail à un ami ? », « au global, vous plaisiez-vous dans votre travail ? »

 

Le bien-être eudémonique ou aspirationnel : appréciation positive de la valeur du travail, de sa capacité d’accomplissement, de sa réponse à des besoins supérieurs ou aspirationnels. Cette facette examine si le travail est « plein », c’est à dire s’il a une capacité d’épanouissement supérieur au delà des aspects physiques, émotionnels et mentaux. Certains pourraient la nommer bien-être spirituel. Les concepts appréhendés par cette forme de bien-être sont : le sens, l’engagement, l’appartenance, l’accomplissement, la réalisation. Cette facette est interrogée via des questions telles que « avez-vous le sentiment de vous accomplir dans votre travail ? », « trouvez-vous du sens dans votre travail ? », « le travail que vous faites vaut-il le coup d’être réalisé ? » [1]

 

 

 

 

[1] Ces recherches sur les différentes facettes (et non pas briques) du bien-être (au travail) sont décrites dans le guide de l’OCDE qui s’intitule « Lignes directrices de l’OCDE pour mesurer le bien-être subjectif ».